Saturnin et l’opportunisme

Les aventures de Saturnin, circa 1964, ont marqué mon enfance. Ce caneton jaune sympathique s’affairait dans un village rempli d’animaux : le maire cochon d’Inde, la belette pyromane et toute la bassecour. Le tout tourné avec de vrais animaux.

Mais comment faisaient-ils pour s’assurer que la belette se cache de Saturnin et que le vieux canard salue le héros juste au bon moment, sans ficelles, ni effets spéciaux ?

En fait, il y avait un truc assez simple. L’équipe de Jean Tourane tournait avant de finaliser les dialogues. De cette façon, si la belette hésite, on lui refile une ligne pour justifier l’aller-retour. Un plan hasardeux magique ou le caneton s’approche trop de la souris : l’idée d’un nouvel épisode vient de naître.

Cet opportunisme est riche. Parfois, on essaie trop de prévoir, prédire, contrôler et du coup, on rate des opportunités. Un exemple récent : notre carte de Noël, qu’on ne pensait même pas faire, du reste. On est tombé sur des vidéos inédits, ça nous a donné une idée et on a assemblé le tout – vous verrez ça bientôt.

Mais soyons ouverts, regardons sur quoi nous trébuchons ou ce qui tombe du ciel. En bâtissant au fur et à mesure des découvertes de produits, acheteurs, technologies, nous finissons par créer des solutions nécessairement pertinentes à moindre effort, à moindre friction.

Il faut accepter de ne pas tout prévoir.